3 décembre 2024
L’or, des mains à la couverture de survie

Du gilet jaune, signalant quelqu’un en danger, nous sommes passé à la couverture de survie; elle brille comme l’or sous le soleil ou dans la nuit- pour alerter, pour réchauffer; mais aussi, pour signifier la prise en charge, le début d’un lien entre celui qui souffre et celui qui l’aide. Et, en cela, reconnait son existence, sa souffrance mais aussi sa valeur; de quoi redresser le dos et réaliser que l’or n’est pas que sur la couverture, mais aussi dans d’innombrables mains. Celle du personnel hospitalier qui sauve ou soulage des vie, celle d’un journaliste qui filme, écrit pour témoigner, celle d’un jeune musicien qui court après les concerts, celle qui font pousser le blé ou nourrisse leur troupeau, celles des ubers, des ouvriers, des éboueurs, des caissières, et enfin, de nos jeunes que nous valorisons si peu, ne serait-ce en leur assurant un minimum vital.

Un monde en mode survie

Car, même avec leur valeur intrinsèque, l’or de leurs mains, artistes, artisans, étudiants, durs à la tâche, levés tôt ou couchés tard, la majorité des Français n’y arrivent plus. Ils ne cherchent pas à avoir des millions mais quelques billets, quelques pièces, pour vivre autrement qu’en mode « survie ». Et reprendre espoir dans l’avenir, pour eux, pour leurs enfants, pour la planète. Et réaliser que les mains d’une femme contiennent autant d’or que celles d’un homme quand il s’agit de coudre, danser, chanter, nourrir, écrire, élever les enfants. Alors, mobilisons-nous, affichons nos couvertures de survie comme le symbole de gens en péril, d’un monde en perdition et faisons les briller en guise d’espoir.

Par Laetitia Monsacré

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