La Philharmonie de Paris a eu raisons des polémiques et ouvert, comme prévu, le 14 janvier, même si le bâtiment est encore en cours d’achèvement. La montée des escaliers en témoigne, quand on jette un œil alentour. Il n’en demeure pas moins que la salle aux courbures élégantes réserve une acoustique des plus favorables, si l’on choisit bien sa place. Le concert donné par le Philharmonique de Radio-France pour les soixante ans de Dusapin en offre l’exemple.
Créé à Cologne en 2013 par Renaud Capuçon, c’est en première française que le Concerto pour violon Aufgang est donné par le dédicataire de l’œuvre. Sans rechercher une virtuosité révolutionnaire, la partition ménage des solos extatiques qui démentent la réputation intellectualiste collant à la musique contemporaine. Celle-ci se laisse suivre agréablement, et la maîtrise de son écriture peut lui ouvrir les portes du répertoire, à défaut de se mesurer aux chefs-d’œuvre du genre.
En seconde partie de soirée, Myung-Wung Chung fait retentir une Quatrième Symphonie de Brahms dense, parfois presque martiale. L’acoustique aérée prévient les effets de saturation que l’on pouvait connaître à Pleyel, même si la battue énergique et déterminée s’aventure dans des excès sensibles dans le scherzo. Entre la puissance et la délicatesse, il semble que le chef coréen ait choisi, même si la symphonie n’aurait pas renié d’autres options, sans pour autant obérer la satisfaction d’une salle au complet.
GL
Philharmonique de Radio France, 26 janvier 2015